Au printemps 2004, le centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) a interrogé un échantillon de 10 000 jeunes sortis de formation en 2001. Ils sont issus de tous les niveaux de formation et font partie des 762 000 jeunes qui, cette année là, ont quitté pour la première fois le système éducatif.
Par le Céreq et la direction de l’évaluation et de la prospective (D.E.P.).
Malgré l’instauration d’un espace d’échanges européen, on constate que le passage de la formation initiale à la vie active recouvre des réalités diverses qui contribuent dans certains cas à faire des jeunes débutants des travailleurs comme les autres, dans d’autres à les singulariser.
La moitié des 750 000 jeunes qui chaque année débutent leur vie active ont poursuivi des études après le bac. Mais plus de 90 000 d’entre eux ont quitté l’enseignement supérieur sans y obtenir de diplôme. Sur le marché du travail, ces jeunes s’insèrent dans des conditions moins favorables que leurs homologues diplômés.
Réalisée par le Céreq au printemps 2001, cette enquête concerne un échantillon de 54 000 jeunes sortis de formation initiale en 1998. Elle succède à l’enquête Génération 92 et poursuit le même objectif : analyser les premières années de vie active au regard de la formation initiale.
Avec la décentralisation d’une partie de l’appareil de formation, le devenir des jeunes en fin d’études est devenu un enjeu important pour chaque région. Force est de constater que ces jeunes ne leur sont pas toujours d’une grande fidélité : au cours des trois premières années de vie active, un sur cinq quitte la région où il s’est formé.
762 000 jeunes ont quitté le système éducatif en 2001. Cette génération a fait son entrée sur le marché du travail dans une situation économique favorable. Mais elle a ensuite été confrontée à une dégradation de la conjoncture qui a pesé sur le parcours de ces jeunes.
Le développement de la formation professionnelle supérieure a servi d’appui aux pouvoirs publics pour structurer la forte croissance éducative. Ce faisant, il n’a pas manqué de soulever un certain nombre de questions relatives à la concurrence entre diplômes professionnels et diplômes généraux de même niveau, une concurrence d’autant plus forte que les étudiants et leur famille ont plébiscité l’émergence de cette voie à l’université.
En 2001, après le D.U.T. (diplôme universitaire de technologie), près de deux diplômés sur trois ont poursuivi leurs études. Certains ont rejoint le marché du travail un an après, d’autres, à peine moins nombreux, deux ans après. En novembre 2003, ils sont quatre sur dix à poursuivre encore leurs études.
Huit ans d’études au minimum après le baccalauréat, le doctorat vient clôturer un cursus de haut niveau. Il n’est pas pour autant une garantie contre les difficultés sur le marché du travail. À partir de 2001, les docteurs ont aussi pâti de la dégradation de la conjoncture économique.
Bien qu’ayant des diplômes à priori bien ancrés dans les territoires et les tissus productifs, un tiers des détenteurs d’un BTS ou d’un DUT quittent la région où ils ont suivi leur formation.
En 1993, les régions se sont vues attribuer de nouvelles compétences en matière de formation professionnelle. Certaines ont mis en place des logiques de développement de la formation initiale et sont devenues des pôles importants de l’enseignement supérieur professionnel : les bacheliers y sont plus nombreux à s’inscrire en IUT ou STS.
La qualité de l’insertion professionnelle est fortement liée à la formation initiale. Les influences de cette dernière se traduisent par un accès plus rapide et durable au monde du travail ainsi que des conditions d’emploi plus favorables au bénéfice des jeunes qui ont des niveaux de formation élevés, qui ont obtenu un diplôme ou sont issus de certaines spécialités.
Les conditions d’insertion professionnelle des jeunes varient selon la région dans laquelle ils ont suivi leur formation initiale. Ces disparités s’expliquent par le taux du chômage et la nature de marché du travail dans chaque région, mais aussi par la mobilité des jeunes. Ils sont en effet nombreux à changer de région, que ce soit en cours d’études ou en début de vie active.